Une brève histoire du thé noir chinois
Bien que la Chine définisse le thé par la couleur de la liqueur — hóng chá se traduit par « thé rouge » — l’Occident l’appelle noir d’après la feuille sombre et torsadée. Développé pour la première fois dans les monts Wuyi du Fujian à la fin de la dynastie Ming (vers 1568), le thé noir est apparu comme une forme plus stable pour l’exportation le long de l’ancienne Route du Thé et des Chevaux, puis vers l’Europe. Le caractère entièrement oxydé est devenu la base des styles classiques : le Lapsang Souchong, traditionnellement fumé sur du bois de pin, porte le souvenir des premières caravanes frontalières. De la province d’Anhui est venu le Keemun, un qìmén hóng chá apprécié pour sa complexité vineuse, florale et maltée — un composant clé des mélanges English Breakfast. Plus récemment, le Jīn Jùn Méi (金骏眉) du Fujian, composé exclusivement de bourgeons tendres, a redéfini le thé noir de luxe avec son raffinement doux comme le miel.
La fabrication d’un grand thé noir exige un timing précis. Les cueillettes de printemps et de début d’été subissent une séquence de flétrissage, de roulage, d’oxydation soignée (l’étape qui fait virer la feuille au rouge cuivré), et enfin une torréfaction ou, dans le cas du Lapsang, un fumage sur des racines de pin incandescentes. Le résultat est un thé qui peut être à la fois corsé et doux, supportant l’eau bouillante sans amertume. Là où les thés verts sont frais et éphémères, le thé noir offre une finale persistante aux notes de caramel — un rituel quotidien d’une remarquable profondeur.
La sélection de hóng chá de cette saison
Zhou Xiang propose trois expressions distinctes de thé noir chinois, chacune issue d’une origine légendaire et manipulée avec la plus grande délicatesse, du flétrissage à la torréfaction finale. Lots frais de 2025, sourcés en petite quantité.