Un matin sur le mont Taimu
Durant la première semaine d’avril 2025, je me tenais sur les pentes du mont Taimu alors que la brume se levait et que les cueilleurs se déplaçaient parmi des arbustes Dà Bái de Fuding âgés de 60 ans. Nous avons choisi la récolte d’une seule journée — la cueillette classique de pivoine composée d’un bourgeon et de deux jeunes feuilles, portant encore la rosée fraîche de la nuit. Je travaille avec la famille Wang depuis plus de dix ans maintenant, et leur petit jardin à 700 mètres d’altitude, abrité par des pins centenaires, donne un Bái Mǔ Dān qui se situe parfaitement au milieu du spectre des thés blancs de Fuding : plus doux que l’aiguille d’argent, mais plus défini que le shòu méi.
Après la cueillette, les feuilles étaient éparpillées sur des plateaux en bambou et étalées sur la terrasse en pierre. La tradition du flétrissage au soleil repose ici sur un équilibre délicat — trop de soleil direct et la douceur devient plate ; trop peu et le thé reste herbacé. Une brise de montagne constante et quelques nuages légers donnaient le rythme parfait, permettant aux feuilles de perdre leur humidité lentement tandis que les enzymes naturelles commençaient leur travail en douceur. À la tombée de la nuit, les plateaux étaient rentrés à l’intérieur, et pendant deux jours nous avons répété le cycle : soleil, ombre, recommencer. Une cuisson finale à basse température a fixé le caractère — pâle, floral et honnête.
Ce Bái Mǔ Dān est un thé pour la contemplation quotidienne. Il n’exige pas de cérémonie, mais il récompense l’attention. Servez-le à un ami, ou gardez la théière pour vous par un après-midi tranquille.