Des caves des fleurs dorées d’Anhua aux routes du thé de Mongolie
J’ai rencontré le fu zhuan pour la première fois par un matin givré à Oulan‑Bator, où un ami mongol m’a offert une tasse au goût de cellier tiède et de caramel. Ce souvenir m’a conduit dans le comté d’Anhua au début du printemps 2024, sur les traces du thé à sa source. J’ai visité un petit atelier familial dans les collines enveloppées de brume : le maocha sortait tout juste de la fermentation en tas, ses feuilles sombres et humides attendant d’être compressées. Ce qui m’a le plus fascinée, c’est la pièce où les briques reposent ensuite — température et humidité maintenues juste comme il faut pour que de minuscules fleurs dorées (Eurotium cristatum) éclosent sur la surface compressée. Le grand‑père de la famille, qui avait travaillé sur les routes commerciales transfrontalières dans les années 1950, supervisait le pressage. Ses mains connaissaient la pression adéquate pour que le thé ne s’effrite pas dans la selle d’un chameau ni ne soit trop serré pour respirer. Cette brique de 2024 provient de ce lot. J’ai choisi les feuilles moi‑même, en demandant une période de floraison légèrement plus longue pour révéler cette douceur moelleuse caractéristique. Le résultat est un thé sombre qui porte le murmure des anciens vents du commerce — terreux, soyeux, et qui se déploie lentement, comme il le ferait lors d’une traversée en caravane du Hunan aux prairies.