Des forêts protégées de Jingmai — un sheng taillé pour la cave
J’ai parcouru les jardins de Jingmai fin mars 2025, juste au moment où la première pousse de bourgeons perçait la canopée. Ces arbres — dont beaucoup ont plus d’un siècle — poussent dispersés dans les forêts protégées par l’UNESCO de la montagne, à l’ombre du camphrier et de l’orchidée sauvage. L’air était chargé de l’odeur de la terre humide et des fleurs. Je me suis procuré ce lot auprès d’une coopérative de petits planteurs qui récoltent encore à la main selon le standard traditionnel d’un bourgeon et deux feuilles, puis torréfient à la poêle dans des woks chauffés au bois avant de rouler et de sécher au soleil sur des nattes en bambou. Le résultat est un maocha à l’énergie claire et lumineuse et une structure que j’ai immédiatement reconnue : des notes de tête mielleuses, une profondeur minérale, et cette finale rafraîchissante si typique de Jingmai.
Voilà un sheng que je suivrai pendant des décennies. La galette du printemps 2025 a cette compression serrée et élastique qui lui permet de mûrir lentement — développant des notes de cuir, de camphre et de fruits secs sans perdre ses notes hautes vibrantes. C’est un thé qui relie des mondes : les anciennes forêts de thé du Yunnan, les routes nomades du thé vers le nord à travers la Mongolie, et le silence attentif d’une cave. Je l’ai pressée en galettes de 357g en avril, et aujourd’hui je propose un petit nombre de galettes de ce lot. Infusez-la aujourd’hui pour son envolée florale, ou mettez-la de côté et laissez le temps ajouter ses propres chapitres.