Un panier de Liubao : comment Amgalan Chin a découvert ce millésime 2018
J’ai visité Liubao pour la première fois en 2019, en suivant les anciennes routes du thé et des chevaux qui transportaient ce hei cha au-delà du Guangxi. Dans un petit atelier familial à l’extérieur de la ville de Liubao, j’ai goûté un thé pressé de 2018 qui reposait dans des paniers de bambou traditionnels — les mêmes utilisés depuis des siècles pour fermenter et affiner lentement le thé. L’entrepôt sentait la terre humide, le bambou et le temps.
La famille transforme son Liubao de manière traditionnelle : les grandes feuilles de l’arbuste local sont fixées au wok, roulées, puis mises en tas pour une fermentation microbienne avant d’être étroitement tassées dans des paniers et entreposées dans une pièce chaude et humide. Au fil des années, le thé développe un caractère propre — différent du pu-erh du Yunnan, mais avec sa propre douceur terreuse et une clarté surprenante.
J’ai acheté un petit lot et l’ai vieilli davantage dans ma propre cave, en surveillant l’humidité et en retournant les paniers tous les quelques mois. Les traditions de vieillissement interculturelles que j’ai étudiées — des caravanes russo-mongoles au stockage humide de Hong Kong — ont toutes influencé ma façon de traiter ce thé. Après six ans, il s’est approfondi en une liqueur douce et aromatique, avec des notes de noix de bétel, de fruits secs et une finale nette et rafraîchissante. La récolte 2018 s’exprime maintenant avec une réelle autorité.
C’est un thé à siroter lentement, un rappel que les traditions des thés sombres sont vastes et qu’elles valent la peine d’être explorées au-delà des célèbres montagnes du Yunnan.