De l’île au sommet : la piste du thé jaune de Zhou Xiang
J’ai sourcé le Jūnshān Yínzhēn comme mon grand-père du Hunan me l’a enseigné — un petit bateau avant l’aube jusqu’à l’île du lac Dongting. Le jardin se trouve sur des pentes enveloppées de brouillard, à quelques mètres au-dessus de l’eau, où le microclimat adoucit les bourgeons en aiguilles argentées et duveteuses. Le fermier, une exploitation familiale de troisième génération, roule encore à la main chaque cueillette sur des plateaux de bambou, puis guide les feuilles à travers le menhuang — un jaunissement doux sous un linge humide — pendant près de trente heures. On goûte ce labeur dans la soie de maïs doux et le huí gān persistant.
Pour le Méngdǐng Huángyá, je me suis rendu au mont Mengding, dans le Sichuan, à 1 000 mètres d’altitude. La brume ne se lève jamais vraiment, et les vieux théiers produisent des pousses dodues, duveteuses, composées d’un bourgeon et d’une feuille. Le maître de thé enveloppe de petites quantités dans du papier et les empile dans un four bas en brique, surveillant la chaleur uniquement à l’odorat. Le résultat est un thé jaune à la pointe de châtaigne grillée et au corps profond et velouté — un univers à part de son cousin du Hunan.
Ce duo est ma tentative de cartographier le spectre silencieux du thé jaune en deux chapitres de vingt-cinq grammes : une île et un sommet, tous deux ont pour foyer le même silence patient.