Un matin de printemps à Tài Píng, où perdure la tradition de la presse en tissu
Chaque printemps, je me rends dans les contreforts du Huáng Shān, là où la brume s’accroche aux jardins de thé au-dessus du lac Tài Píng. Le cultivar Hóu Kuí — Shí Dà — est ici particulier : ses grandes feuilles épaisses exigent une manipulation délicate. La norme de cueillette est stricte : un bourgeon et deux feuilles, toutes à peu près de la même taille, cueillies uniquement de fin mars à la mi-avril. Ce lot de 2026 provient d’un petit atelier familial que je visite depuis plus de dix ans. Après la chauffe au wok, les feuilles sont disposées à plat sur une planche et pressées avec un fin tissu quadrillé. L’artisan exerce un mouvement régulier de frottement à la main pour imprimer le motif rayé caractéristique — un savoir-faire transmis de génération en génération. Le séchage final au charbon de bois emprisonne la fraîcheur verte du thé et sa douceur de noisette. J’ai dégusté ce lot dès qu’il a été terminé. Les feuilles sèches avaient déjà cet aspect reconnaissable de feuille d’orchidée, et l’infusion a livré exactement ce que je recherche dans le Hóu Kuí : une douceur fondante de châtaigne sans aucune verdeur herbacée. Je suis fier de proposer cette petite sélection de 50 grammes, qui représente l’apogée de l’artisanat du thé vert de l’Anhui. — Zhou Xiang